Ohabolana/Proverbes malgaches

Dieu / Les ancêtres

Nier l'existence de Dieu, c'est sauter les yeux fermés.

Le passé appartient aux ancêtres, l'avenir appartient à Dieu, seul le présent t'appartient.

Les morts ne sont vraiment morts que lorsque les vivants les ont oubliés.

A dieu point de blâme, au Créateur point de reproche, c'est bien d'eux-mêmes que les hommes s'égarent.

 

La vie / la mort

Avec le temps, on devient vieux.

La vie est comme le fumet qui s'échappe de la marmite, on veut y faire attention et déjà il n'est plus là.

Ne considérez pas la brièveté des jours mais pensez à la longueur de l'année.

L'entêtement conduit à la mort, et l'opiniâtreté à l'esclavage

 

Le bien / Le mal

Le mal commis est un malheur suspendu ; le bien accompli est un trésor caché.

Ceux qui font du mal, s’ils ne sont pas flétris par la chaleur du jour, ils seront moisis par la chaleur de la nuit

S'il fait sombre, on peut éclairer ; si l'eau est profonde, on peut la traverser en canot ; si le fossé est profond, on peut y descendre par une échelle ; mais une mauvaise action est sans remède.

Ne faites pas le mal le premier.

Ce n'est pas d'être frotté au piment qui fait sentir mauvais, ni d'être frotté au miel qui fait sentir bon ; ce sont les actes qui sont bons ou mauvais.

Faites du bien à une muraille et vous pourrez vous y appuyer, faites du bien à une pierre et vous pourrez vous y asseoir.

 

Les mots / les dits

Les paroles retentissent plus loin que le fusil.

Les paroles que l’on ne comprend pas produisent l’hésitation.

Sept enfants ne parviennent pas à retenir un mari, mais beaucoup de sagesse le peut.

Les paroles sont comme des œufs : à peine écloses, elles ont des ailes.

La bouche que l’on ne surveille pas amène le malheur.

Les paroles sages sont comme les morceaux de canne à sucre que l'on mâche, la saveur ne peut en être épuisée.

 

La bouche qui encense est souvent celle qui censure ; la main qui caresse est souvent la main qui tue.

Mille paroles, cent discours ; la confrontation mettra fin aux disputes.

Les paroles douces facilitent l’acquisition de la richesse.

N’usez pas de paroles flatteuses et de belles promesses qui n’engagent à rien.

 

Honte / Blâme

Les grands cèdent à la honte, et les petits à la peur.

Le blâme ressemble au vent ; si on ne le voit pas, on le sent.

 

Douleur / Chagrin

La douleur est un trésor précieux, on ne le découvre qu'à ceux qu'on aime.

Le chagrin est comme un grand trésor : on ne s'en ouvre qu'à ses intimes.

Le chagrin est comme le riz dans le grenier: chaque jour il diminue un peu.

L'affliction est comme le riz dans le grenier ; chaque jour la mesure diminue.

 

Le respect / la volonté / autres sentiments

Etre respecté ne rend pas noble, et respecter ne rend pas esclave ; donc il est bon de se respecter l'un l'autre.

Les amis ressemblent à ceux qui ont un père, et les amants à ceux qui ont une mère.

Celui qui ne fait pas plaisir en arrivant fait plaisir en partant.

Avec du courage on vient à bout de tout.

Le souvenir qu'on vous porte vaut mieux que le présent lui même.

Ceux qui ont les mêmes provisions de voyages sont unis dans la vie

C'est chez les étrangers que le piment paraît le plus fort.

Personne n'a fait autant bien qu'une marmite, car lorsqu'elle fut brisée, on s'en servit encore pour y mettre couver la poule.

 

Les êtres humains

Les hommes ne sont ni secs ni mouillés.

Les hommes sont comme le bord d'une marmite, ils ne forment qu'un seul cercle.

Les hommes sont comme le riz qui bout dans la marmite, ils sont tantôt en haut, tantôt en bas.

Les hommes sont comme les bœufs : ils se couchent ensemble, mais ils ne se lèvent pas tous en même temps.

 

Le mariage

Le mariage est comme le tonnerre, les premiers coups font soupirer d'aise, puis ce sont les éclairs et les éclats.

Femme jeune, mauvaise cuisine.

La viande du nouvel an n'est pas destinée à rassasier mais c'est de la chair qu'on partage pour célébrer la communion de vie!

Saluez tous les passants - Vous ne savez pas qui un jour sera votre belle mère.

Une danseuse qui montre ses aisselles velues, qu'elle sache danser ou pas, elle sera toujours critiquée.

 

Parents / Enfants

Les réprimandes des parents sont comme les coups de pied d’un taureau, si elles vous atteignent, elles vous tuent, si elles ne vous atteignent pas, elles vous font perdre conscience 

Pour des parents qu'on aime, la distance n'est jamais trop longue.

Comme le père et la mère, l'un a enfanté, l'autre a tenu sur ses genoux.

Un orphelin qui éternue est obligé de se faire lui-même un souhait.

Mieux vaut un ami cher qu'un mauvais parent.

A mère adultère, enfant négligé.

N'avoir qu'un seul enfant c'est presque être stérile

Mieux vaut un ami chéri qu'un mauvais parent.

 

Amitié / Amour / Fraternité

Ne sois pas si féru d'amour que tu ne puisses dire quand il va pleuvoir.

Ne mettez pas de l'orgueil dans votre amour.

N'aimez pas comme on aime une porte : on l'aime et pourtant on la bouscule.

Je suis à vous et c'est facile ; si j'étais à un autre, ce serait difficile.

Ne saluez pas un caïman ; ce ne serait pas de l'amitié, mais de la servilité.

Ce n'est pas le commerce qui exista d'abord, mais l'amitié.

Ceux qui ont le cœur mauvais, n'ont pas d'amis.

De bons camarades semblent avoir le même père ; de bons amis semblent avoir la même mère.

L'amitié est comme l'écorce sèche du bananier : si on la tire elle casse, et si on la relâche, les fibres se séparent.

L'amitié ressemble à un tissu rêche ; neuf, il fait de l'effet ; vieux, il se déchire de toutes parts.

L'amitié est comme les algues : quand on s'en approche, elles s'éloignent ; et quand on s'en éloigne, elles se rapprochent.

L'amitié est comme le ramassage de bouse de vache : c'est celui qui court le plus ci et là qui en remplit le premier sa corbeille.

L'Amitié est comme la soie : morts, elle nous enveloppe; vivants, elle nous habille. Et, quand un fil est trop mince, le doigt le suit.

Que vos rapports d'amitié soient comme les rapports de la bouche et de la main : quand la main a mal, la bouche souffle dessus ; et quand la bouche a mal, c'est la main qui la frotte.

Que votre amitié ne soit pas comme l'amitié des lèvres : il faut qu'elles soient en colère pour qu'elles se rapprochent l'une de l'autre.

Que votre amitié ne soit pas comme l'eau d'un torrent : elle vient en grande abondance, mais disparaît en peu de temps.

Que votre amitié ne soit pas comme une pierre, car, si elle se brise, on ne peut plus rejoindre les morceaux ; mais comme un fil de soie, car, s'il est trop ténu, on peut toujours y ajouter pour le renforcer.

Que votre amitié soit comme la brume : elle tombe fine, mais elle peut faire déborder les rivières.

Traitez vos amis comme on traite un fil de coton : s'il est trop mince, on y ajoute, et s'il se casse, on rattache les deux bouts.

L'amitié ne s'achète pas.

N'ayez pas trop peu d'amis.

L’amitié est comme le plumage d’un poulet, elle ne s’en va qu’à la mort

Ne prenez pas pour amis des étrangers.

Un faux ami n'a pas honte de vous abandonner.

Un marteau et une lime : deux amis qui s'aident.

 

Mensonge / suspicion

Le mensonge ressemble à la ceinture, il n'attache que son propriétaire.

Le mensonge est bien mauvais car le menteur lui même ne l'aime pas.

Qui ne fait rien sera beaucoup blâmé, qui fait quelque chose sera critiqué.

Le mensonge est comme le premier riz, il arrive à point, mais ne suffit pas pour l'année.

La suspicion empêche l'amitié.

 

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