Introduction à la notion du Vintana

La croyance au Vintana (destin) est l’une des bases de la culture malgache : destin de naissance, destin attaché à chaque période de temps et à chaque moment de cette période, destin lié à chacune des circonstances de l’existence. Le Vintana est établi suivant les constellations, les conjonctures de la lune, et du soleil, des points cardinaux ainsi que des quatre éléments naturels. Le Vintana de chaque individu est ainsi une convergence d’énergies, qui au moment précis de son entrée dans le cosmos, c’est-à-dire de sa naissance, résulte de la composition de l’eau, du feu, de la terre et de l’air. Les actes importants de la vie sont fortement influencés par la position des astres, particulièrement de la lune. Chacun se doit de se conduire conformément au vintana et d’essayer de toujours agir positivement, d’éviter les vintana opposés. Il est possible de conjurer le sort par des sacrifices de rejet « fanalam-paditra » ou des sacrifices de propitiation »fanaovan-tsorona ».

Cette fatalité du Vintana a régi la mentalité malgache pendant longtemps. C’est le vintana qui détermine les évènements, non qu’il le crée, et les impose. Le vintana était considéré comme d’origine divine. Cependant, l’apport de nouvelles idées, la confrontation avec d’autres cultures ont modifié, non pas la mentalité elle-même, mais la manière dont elle s’affirme. Ce fatalisme ne joue plus un rôle aussi grand que jadis. Le Vintana est une notion très complexe qui ne peut se traiter en quelques lignes, nous en donnons juste ici quelques éléments qui seront plus détaillés dans d’autres articles à suivre.


Toute destinée humaine est régie par le Vintana. Si on attribue aussi une valeur variable au temps, heures, jours, mois et années, l’espace n’est pas épargné : l’Est est supérieur à l’Ouest et le Nord au Sud. La direction la meilleure est le Nord-Est. Et pour marquer l’importance du Vintana dans la vie humaine, les maisons ont ainsi été orientées et structurées selon des bases astrologiques ; chaque maison elle-même étant construite par rapport au vintana du propriétaire.


Dans chaque vintana, il y a un temps de croissance et un temps de décroissance. Le soleil monte à l’horizon « misandratra », plus il monte, plus le destin aura de la force. A midi il sera neutre, ne montant plus, ne descendant pas encore, puis peu à peu, il descendra « mivalana ou mandrorona » jusqu’à ce qu’il meurt « maty masoandro ». Toutes ces phases, ces dénominations, s’appliquent aux heures, jours, mois, années, à la lune, à l’espace et à la vie humaine. Mais malgré leur vintana très déterminé, chaque instant de ces éléments, n’a pas tous la même valeur. Il en est qui sont forts « mahery ou renim-bintana », d’autres faibles « malemy ou zanam-bintana ». Les premiers sont considérés comme donnant la possibilité aux autres d’exister.


Ainsi au niveau des mois, quatre sont « mahery » : Alahamady, Asorontany, Adimizana et Adijady. Et à l’intérieur de ces mois fastes, les jours ont des rangs différents :

- vavan’andro, début du vintana, il est très fort,
- vonton’andro, milieu du vintana, il s’affaiblit,
- vodin’andro, fin du vintana, il est médatisé.
Les mois « zanam-bintana » n’ont que le vava et vodin’andro.

Le vendredi « zoma » est le premier jour. Destin particulièrement puissant en tsinam-bolana (quand la lune est à l’Est).


Au second jour « Asabotsy », destin sanguinaire, on pleure les morts, ce jour-là, en Imerina.


Le dimanche « Alahady » est un jour faste mais on n’enterre pas les morts ce jour-là, les porteurs pourraient mourir subitement. Pour le mort, ce serait lui manquer de respect, comme si on voulait aller trop vite. Ny alahady tsy andevenana, ny sisa no atahorana (on n’enterre pas le dimanche de crainte de ce qui va suivre).


Quatrième jour lundi « Alatsinainy », destin des esclaves mais met de l’espoir dans la vie, donne de l’ambition. En Imerina, c’est le jour des famadihana, retournement des morts.


Cinquième jour mardi « Talata », jour des soucis, des difficultés. C’est le destin des hommes de guerre.


Sixième jour mercredi « Alarobia » jour lourd « andro mavesatra », destin de ceux qui auront l’autorité et conduiront des hommes. C’est un jour fort durant lequel il ne faut rien faire contre le destin. Alarobia tsy miverina (partir le mercredi, on ne revient plus).


Septième jour jeudi « Alakamisy » jour faste, jour du Roi en Imerina, jour de la perfection. On en fait un jour fady pour ne rien faire qui puisse le gâter.


L’observation du Vintana s’accompagne tout naturellement de tabous « fady » qui diffèrent suivant une certaine combinaison des heures, jours, mois.

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